L’iconoclaste d’Afrique

Revue XXI – été 2016

XXI UNE

 

La première fois que j’ai entendu Ali Mufuruki parler, il donnait une conférence au cours de laquelle il a achevé le héros africain Kwame Nkrumah et réduit en bouillie le panafricanisme – une figure et un rêve intouchables sur le continent. Encore moins face à huit chefs d’Etats africains, actuels ou anciens.

XXI p2Six mois plus tôt, apprendrai-je plus tard, il avait dépecé le récit de « l’Afrique émergente » qui réjouit le continent depuis un paquet d’années. Plutôt surprenant pour un homme d’affaires.

Il m’a fallu plusieurs semaines pour le convaincre de me laisser le suivre chez lui, en Tanzanie, dans son bureau de Dar es Salaam et son village d’enfance Bwanshoni. Le résultat – son portrait – est publié dans le numéro d’été de la revue XXI.

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Il n’existe pas de lien vers l’article et je ne mets pas de pdf en ligne, délibérément. Pour se procurer la revue, il faut se rendre dans une (bonne) librairie ou la commander sur le site http://www.revue21.fr/

 

Si vous avez besoin d’une vraie bonne raison pour acheter ce numéro, sachez qu’il y a une BD de Joe Sacco dedans. Eh ouais.

 

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Ethiopie contre Erythrée, l’interminable querelle de deux frères ennemis

Médiapart – juin 2016

Qui a tiré en premier ? La question n’a plus guère d’importance tant les deux camps se sont, depuis la signature d’un accord de cessation des hostilités en 2000, accrochés, armes à la main, le long de leur frontière commune.

Dimanche 12 juin, l’affrontement semble avoir été massif. Impossible, pour l’heure, d’en connaître les raisons exactes ni le nombre de victimes de part et d’autre. Une certitude : il serait temps qu’Asmara et Addis-Abeba s’entendent enfin sur le tracé de la frontière.

Le différend entre l’Ethiopie et l’Erythrée est ancien, complexe et déterminant pour la Corne de l’Afrique, déjà agitée par de trop nombreux conflits. Que faire ?

Mon analyse pour Médiapart (en accès payant).

De l’Ethiopie à la Zambie, le parcours contrarié de jeunes migrants qui rêvaient d’Afrique du Sud

Le Monde Afrique – juin 2016

J’ai rencontré ces adolescents dans le centre de transit géré par l’Office international des migrations (OIM) et l’UNICEF, à Addis-Abeba. Ils venaient d’être rapatriés de Zambie où ils ont été arrêtés pour être entrés dans le pays sans visa. Au rez-de-chaussée, un petit groupe regardait la télévision. Dans les étages, les autres passent le temps sur leurs lits superposés ou dans la petite cours.

Ils ont des allures de gamins et pourtant ils ont traversé trois pays clandestinement, à l’arrière d’une moto ou caché dans un bus, à pied parfois. Ils ont dormi dans des forêts, ont été entassé dans des dortoirs poisseux. Ils auraient continué, s’ils n’avaient pas été arrêtés à 1500 km de leur but : l’Afrique du Sud.

Pas l’Europe, l’Afrique du Sud.

Addis-Abeba, Juin 2016 - A 15 ans, Salamo a été rapatrié de Z

Addis-Abeba, Juin 2016 – A 15 ans, Salamo voulait se rendre en Afrique du Sud. Il a été arrêté en Zambie, puis rapatrié. Dans le centre de transit de la capitale éthiopienne, il attend que l’IOM et UNICEF le remette en contact avec sa famille. Vincent Defait

Ces jeunes migrants, tous mineurs, n’ont jamais envisagé d’aller vers le Nord. Le bonheur, ils se l’imaginaient au Sud. Les routes migratoires africaines sinuent sur le continent, en débordent rarement, contrairement à bien des idées reçues en Europe.

C’est triste à dire, mais leurs histoires sont presque banales.

Mon reportage pour Le Monde Afrique.