De l’Ethiopie à la Zambie, le parcours contrarié de jeunes migrants qui rêvaient d’Afrique du Sud

Le Monde Afrique – juin 2016

J’ai rencontré ces adolescents dans le centre de transit géré par l’Office international des migrations (OIM) et l’UNICEF, à Addis-Abeba. Ils venaient d’être rapatriés de Zambie où ils ont été arrêtés pour être entrés dans le pays sans visa. Au rez-de-chaussée, un petit groupe regardait la télévision. Dans les étages, les autres passent le temps sur leurs lits superposés ou dans la petite cours.

Ils ont des allures de gamins et pourtant ils ont traversé trois pays clandestinement, à l’arrière d’une moto ou caché dans un bus, à pied parfois. Ils ont dormi dans des forêts, ont été entassé dans des dortoirs poisseux. Ils auraient continué, s’ils n’avaient pas été arrêtés à 1500 km de leur but : l’Afrique du Sud.

Pas l’Europe, l’Afrique du Sud.

Addis-Abeba, Juin 2016 - A 15 ans, Salamo a été rapatrié de Z

Addis-Abeba, Juin 2016 – A 15 ans, Salamo voulait se rendre en Afrique du Sud. Il a été arrêté en Zambie, puis rapatrié. Dans le centre de transit de la capitale éthiopienne, il attend que l’IOM et UNICEF le remette en contact avec sa famille. Vincent Defait

Ces jeunes migrants, tous mineurs, n’ont jamais envisagé d’aller vers le Nord. Le bonheur, ils se l’imaginaient au Sud. Les routes migratoires africaines sinuent sur le continent, en débordent rarement, contrairement à bien des idées reçues en Europe.

C’est triste à dire, mais leurs histoires sont presque banales.

Mon reportage pour Le Monde Afrique.

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En Ethiopie, deux jours de deuil national après le massacre de 208 personnes

Le Monde Afrique – avril 2016

Forcément, très vite, on a pensé au slogan « Bring back our girls » nigérian. Les réseaux sociaux éthiopiens, en tout cas, ont frémi dès l’annonce de l’enlèvement d’une centaine d’enfants et le massacre de 208 personnes, près de la frontière avec le Soudan du Sud.

VD Likuangole

Dans l’Etat de Jonglei, au Soudan du Sud – Février 2012. Cette femme vient de passer plusieurs jours à se cacher dans la brousse, après un raid meurtrier de Nuer sur les Murle. Vincent Defait

Les assaillants seraient des Sud-Soudanais de l’ethnie Murle, habitués des raids sur le bétail contre les Nuers, principales victimes de cette tuerie. Rien de nouveau, hélas, si ce n’est le nombre de morts.

Pourquoi ces raids meurtriers ? Quels sont les risques pour la région ? Ma tentative de réponse pour Le Monde Afrique