Dans les rues d’Addis Abeba, on salue avec prudence le geste du marathonien éthiopien

Le Monde Afrique – août 2016

L’équipe olympique éthiopienne doit rentrer à Addis-Abeba ce soir (23 août) de Rio. Au complet ? Fayisa Lilesa sera-t-il parmi ses collègues ? Les autorités lui ont promis de d’accueillir « en héros » celui qui a décroché la médaille d’argent à l’épreuve de marathon des JO.

La rue éthiopienne salue avec prudence le geste politique de soEt les Addis-Abebiens, qu’en pensent-ils ? Difficile à savoir. Personne ou presque n’accepte de parler du geste de défiance du marathonien à l’égard du gouvernement : il y a deux jours, le jeune homme franchissait la ligne d’arrivée en croisant les bras au-dessus de sa tête. Comme les manifestants Oromos qui s’opposent aux autorités depuis près d’un an, souvent dans la violence. (Mon reportage pour Le Monde Afrique).

Le coureur aura en tout cas réussi une chose : porter sur la scène internationale une longue crise qui, jusqu’à présent, n’intéressait guère hors des frontières éthiopiennes.

 

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De l’Ethiopie à la Zambie, le parcours contrarié de jeunes migrants qui rêvaient d’Afrique du Sud

Le Monde Afrique – juin 2016

J’ai rencontré ces adolescents dans le centre de transit géré par l’Office international des migrations (OIM) et l’UNICEF, à Addis-Abeba. Ils venaient d’être rapatriés de Zambie où ils ont été arrêtés pour être entrés dans le pays sans visa. Au rez-de-chaussée, un petit groupe regardait la télévision. Dans les étages, les autres passent le temps sur leurs lits superposés ou dans la petite cours.

Ils ont des allures de gamins et pourtant ils ont traversé trois pays clandestinement, à l’arrière d’une moto ou caché dans un bus, à pied parfois. Ils ont dormi dans des forêts, ont été entassé dans des dortoirs poisseux. Ils auraient continué, s’ils n’avaient pas été arrêtés à 1500 km de leur but : l’Afrique du Sud.

Pas l’Europe, l’Afrique du Sud.

Addis-Abeba, Juin 2016 - A 15 ans, Salamo a été rapatrié de Z

Addis-Abeba, Juin 2016 – A 15 ans, Salamo voulait se rendre en Afrique du Sud. Il a été arrêté en Zambie, puis rapatrié. Dans le centre de transit de la capitale éthiopienne, il attend que l’IOM et UNICEF le remette en contact avec sa famille. Vincent Defait

Ces jeunes migrants, tous mineurs, n’ont jamais envisagé d’aller vers le Nord. Le bonheur, ils se l’imaginaient au Sud. Les routes migratoires africaines sinuent sur le continent, en débordent rarement, contrairement à bien des idées reçues en Europe.

C’est triste à dire, mais leurs histoires sont presque banales.

Mon reportage pour Le Monde Afrique.

Somalie : les obstacles s’accumulent sur la route des élections

Le Monde Afrique – mai 2016

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Mogadiscio – 2013. Rare moment de détente dans une ville en état de siège. Vincent Defait

Résoudre un quart de siècle d’instabilité, des décennies d’affrontements entre clans incapable de s’entendre, des années de menaces islamistes et de dysfonctionnement étatique ne se fait pas en un jour. Les autorités de Mogadiscio le savent trop bien. La communauté internationale et les Somaliens de la diaspora, qui tiennent le pays à bout de bras financièrement, poussent le gouvernement du président Hassan Cheikh Mohamoud, élu en 2012 à la tête d’un Etat croupion, à tenir les délais : en août 2016, la Somalie doit organiser de nouvelles élections. Et un jour, peut-être, les 10 millions de Somaliens pourront enfin choisir leurs dirigeants. Avant, il faudra dépasser un certain nombre d’obstacles que je me suis efforcé de présenter dans cet article pour Le Monde Afrique.

 

L’Ethiopie voit revenir des enfants adoptés devenus adultes

Médiapart – mai 2016

C’est l’histoire d’un « entre-deux » qu’ils ou elles s’efforcent de négocier. Beaucoup de celles (pas de jeunes hommes, curieusement) que j’ai rencontrées ne savaient pas grand chose de leurs origines éthiopiennes. Tout juste qu’elles sont nées ici, puis ont été adoptées et emmenées grandir aux Pays-Bas, en France, en Belgique, aux Etats-Unis…

Ca n’a l’air de rien, mais il y a plusieurs semaines de travail derrière cet article. J’ai pris le temps avec chacune pour tenter de comprendre ce qui les avaient poussé à (re)venir en Ethiopie. Certaines voulaient renouer avec une famille dont on leur avait dit qu’elle n’existait pas, d’autres s’imprégner d’un pays dont elles ne connaissent rien.

Aborder l’adoption inter-pays, c’est naviguer entre des législations internationales et des montagnes d’affect. La question des origines n’y échappe pas, surtout quand les parents et l’enfant n’ont pas la même couleur de peau. Pas toujours facile de saisir les non-dits, les ressentis. Dans cet article pour Médiapart (en español aqui), j’ai essayé de donner la parole à des adultes qui, chacune à leur manière, négocient un « entre deux » cultures.

Orphelinat de SOS Enfants Ethiopie près d'Addis-Abeba

Environ d’Addis-Abeba, 2014. Dans un orphelinat géré par une association française. Vincent Defait

 

L’Ethiopie affronte la pire sécheresse depuis trente ans

Médiapart – avril 2016

L’an dernier, à la même époque, on parlait de 2,9 millions de personnes ayant besoin d’une aide humanitaire. Six mois plus tard, il était question de 10,2 millions. Entre temps, il a fallu aux organisations humanitaires – ONU et ONG – discuter ces chiffres avec des autorités réticentes à voir leur pays associé à ces images d’enfants mourant de faim.

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Ethiopie, région Somali (avril 2016) – Une clinique ambulante, dans un lieu-dit. Ici, on vérifie l’état de santé des enfants, premières victimes des crises alimentaires. Vincent Defait

Soyons clair : je n’ai vu personne mourir de faim. Peut-être ne suis-je pas allé au bon endroit. Possible. Une certitude, cependant : les autorités feront ce qu’il faut pour ne pas voir sur leur sol une nouvelle famine. Quitte à compliquer le travail des journalistes.

Quoiqu’il en soit, de l’avis de beaucoup, la crise est relativement bien gérée pour le moment. Le gouvernement y consacre une fortune, compte tenu de son budget. Reste à communiquer un peu plus sur le sujet. Ca aide, quand il faut lever des fonds…

Mon reportage pour Médiapart (pour les abonnés).

En Ethiopie, deux jours de deuil national après le massacre de 208 personnes

Le Monde Afrique – avril 2016

Forcément, très vite, on a pensé au slogan « Bring back our girls » nigérian. Les réseaux sociaux éthiopiens, en tout cas, ont frémi dès l’annonce de l’enlèvement d’une centaine d’enfants et le massacre de 208 personnes, près de la frontière avec le Soudan du Sud.

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Dans l’Etat de Jonglei, au Soudan du Sud – Février 2012. Cette femme vient de passer plusieurs jours à se cacher dans la brousse, après un raid meurtrier de Nuer sur les Murle. Vincent Defait

Les assaillants seraient des Sud-Soudanais de l’ethnie Murle, habitués des raids sur le bétail contre les Nuers, principales victimes de cette tuerie. Rien de nouveau, hélas, si ce n’est le nombre de morts.

Pourquoi ces raids meurtriers ? Quels sont les risques pour la région ? Ma tentative de réponse pour Le Monde Afrique

En Ethiopie, la croissance se heurte à des manifestations inédites

Médiapart – février 2016

Ce fut, de loin, l’un des papiers les plus difficiles à écrire. Parce qu’il s’agit d’un sujet sensible. Parce qu’il est question, surtout, d’un problème ancien, complexe et… qui n’intéresse pas grand monde au-delà des frontières du pays.

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Addis-Abeba, 2013 – Depuis plusieurs années, la capitale éthiopienne est en chantier et en pleine expansion. Vincent Defait

Mais ce que révèle, à mon sens, ces manifestations dans la région Oromia vaut qu’on s’y intéresse. La belle histoire du succès économique éthiopien se fissure un peu avec ces manifestations dont je pensais, à tort, qu’elles s’essouffleraient une fois le projet d’extension de la capitale Addis-Abeba officiellement remisée au placard.

Ma tentative d’explications sur Médiapart (pour les abonnés). Si le sujet vous intéresse, faîtes-le moi savoir et je vous enverrai un pdf.