Somalie : les obstacles s’accumulent sur la route des élections

Le Monde Afrique – mai 2016

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Mogadiscio – 2013. Rare moment de détente dans une ville en état de siège. Vincent Defait

Résoudre un quart de siècle d’instabilité, des décennies d’affrontements entre clans incapable de s’entendre, des années de menaces islamistes et de dysfonctionnement étatique ne se fait pas en un jour. Les autorités de Mogadiscio le savent trop bien. La communauté internationale et les Somaliens de la diaspora, qui tiennent le pays à bout de bras financièrement, poussent le gouvernement du président Hassan Cheikh Mohamoud, élu en 2012 à la tête d’un Etat croupion, à tenir les délais : en août 2016, la Somalie doit organiser de nouvelles élections. Et un jour, peut-être, les 10 millions de Somaliens pourront enfin choisir leurs dirigeants. Avant, il faudra dépasser un certain nombre d’obstacles que je me suis efforcé de présenter dans cet article pour Le Monde Afrique.

 

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Fadumo Dayib, une femme présidente pour la Somalie ?

Le Monde Afrique – janvier 2015

Mogadiscio, avril 2013 - Sur le marché Baraaka de capitale soma

Mogadiscio, avril 2013 – Sur le marché Bakaara de la capitale somalienne. Vincent Defait

Je n’ai jamais rencontré Fadumo Dayib. Je l’ai interrogé au téléphone pendant près d’une heure, entre l’Ethiopie, où je réside, et la Finlande, où elle vit.

« Nous avons vu où le leadership des hommes a mené la Somalie. »

Elle a bien du mérite à se présenter à l’élection présidentielle de la Somalie. Il lui faudra faire face à la puissance des clans, qui définissent la politique somalienne, et convaincre une société patriarcale qu’une femme peut faire aussi bien, sinon mieux, qu’un homme. Comme elle le dit : « Nous avons vu où le leadership des hommes a mené la Somalie. »

Vous trouverez mon entretien avec la possible première présidente de la Somalie ici.

Mogadiscio retrouve le goût de la paix (Ouest-France / Avril 2013)

PDF_detail.aspEn avril, après des mois d’attente, je m’envole pour Mogadiscio où je retrouve les troupes de l’AMISOM, la mission de l’Union Africaine pour la Somalie. Ses responsables le répètent en boucle : Mogadiscio va mieux. Du moins ne s’y bat-on plus comme avant, l’arme au poing. En fait, la menace a changé de visage. Désormais, les miliciens islamistes Chebabs mènent des raids éclairs dans la capitale. L’avant-veille de mon arrivée, l’attaque de la Cour suprême avait fait une trentaine de morts.