Des français pour évaluer l’impact du futur plus grand barrage d’Afrique

Le Monde Afrique – Sept 2016

Il leur aura fallu près de deux ans pour se décider. L’Ethiopie, le Soudan et l’Egypte ont signé, mardi 20 septembre, un accord délégant à deux entreprises françaises – BRL et Artelia – le soin d’évaluer les impacts du Grand Barrage de la Renaissance Ethiopienne, le GERD, en construction sur le Nil Bleu.

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Pour quoi faire, à part « restaurer la confiance entre les trois pays », ainsi que l’affirme le ministre éthiopien de l’Eau et de l’Energie ? Il faudra onze mois pour mener l’étude. A peu près autant pour achever les travaux du futur plus grand barrage d’Afrique.

L’Ethiopie consent à des études d’impacts, donc, mais pas question d’arrêter les travaux. Puis viendra la question clé : à quelle vitesse remplir le réservoir ? Trop vite, le Soudan et l’Egypte sont asséchés. Trop lentement, c’est repousser le jour où le barrage produira enfin à sa pleine puissance.

Mon papier pour Le Monde Afrique

 

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Un barrage contre la pauvreté

Libération – octobre 2014 Libé GERD Page 1

Le premier coup de pelleteuse a été donné il y a trois ans, sur la rive d’un affluent du Nil, à quelques encablures de la frontière soudanaise. Depuis, le Grand Barrage de la Renaissance Ethiopienne (GERD en anglais), symbolise les rêves de développement d’Addis-Abeba. En ajoutant 6000 MW à sa besace énergétique, le pays pourrait même se permettre de vendre de l’électricité à ses voisins. Le projet a un coût. L’Ethiopie finance la construction du GERD sur ses propres fonds. Tout ce que le pays compte de fonctionnaires et d’entreprises est mis à contribution. A côté de cela, les bisbilles diplomatiques avec l’Egypte et le Soudan, deux pays en aval du Nil, semblent presque dérisoires. L’ingénieur Semegnew Bekele est le visage et la voix de ce projet fou pour l’un des pays les plus pauvres au monde. Mon reportage ici.