Un train chinois pour booster l’économie éthiopienne

Le Temps – octobre 2016

Une page se tourne en Ethiopie. Un monde bascule, en fait.

Ce matin, un nouveau train a quitté Addis-Abeba. La voie ferrée est chinoise, les engins sont chinois et les cheminots seront aussi majoritairement chinois pendant au moins les cinq prochaines années.

Ethiopie, Septembre 2016 - Un employé de l'entreprise chinoise

Ethiopie, Septembre 2016 – Un employé de l’entreprise chinoise (CCECC) qui gèrera le train entre Addis-Abeba et Djbouti pendant cinq ans. L’Ethiopie veut construire 5000 km de rails.

J’ai vu cette nouvelle ligne se construire. J’ai même passé pas mal de temps à l’arpenter il y a quelques années pour un récit paru dans la Revue XXI. Il était déjà question de booster une économie vaillante, d’un formidable outil supplémentaire pour arracher le pays à la pauvreté. Cela y suffira-t-il ?

Entre temps, l’Ethiopie a connu l’une des pires sécheresses des trente dernières années et, depuis un an, le plus vaste mouvement de défiance envers les autorités sur un quart de siècle. La belle histoire déraille.

Tout ça et quelques questions en plus dans mon article pour Le Temps.

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L’Ethiopie veut du cash contre du sucre

Le Monde Afrique – juin 2015 A terme, l'usine est censée produire 619 000 tonnes de sucre par an et participer au développement de la réfion Afar, dans l'est de l'Ethiopie, où vivent principalement des populations pastorales, en employant 50 000 personnes.

Huit mois. C’est le temps qu’il m’a fallu attendre pour obtenir l’autorisation de visiter l’un des projets les plus incroyables de l’Ethiopie : l’usine Tendaho, dans l’Est cuisant du pays, doit produire 619 000 tonnes de sucre dont la moitié s’échangeront à l’export contre du cash. Les 50 000 hectares de plantation de canne à sucre, adossés à la rivière Awash, s’étaleront dans une région semi-désertique de sable et de cailloux. Et puisqu’il n’y pas grand chose autour, des logements pour 17 000 employés, des écoles, un hôpital sont en cours de construction.

Ca a l’air dingue mais le plus dur n’est pas là. Les populations locales Afar sont traditionnellement pastorales et agro-pastorales. Pas vraiment intéressées par l’idée de s’installer pour cultiver un bout de terre. En bref, Tendaho concentre les ambitions et les contradictions d’un pays pressé de se développer. Mon reportage dans Le Monde Afrique.

Juin 2015 - Dans la Tendaho Sugar factory, construite dans le se

Afar, 2014. L’usine de canne à sucre de Tendaho construite par des Indiens.

Les Nations Unies se basent à Djibouti

Vd Djibouti port6 copyOuest-France – juin 2013

45°C sur un thermomètre fondant, des montagnes de containers, un zef à vous gicler les dents de sable pour peu qu’on s’éloigne du port et des drones américains qui flottent au-dessus des têtes.

Bienvenus à Djibouti.

Un micro-Etat d’un petit million d’habitants vivant sur une terre de cailloux. Et un port, véritable sas entre la Corne de l’Afrique et le reste du monde. L’Ethiopie en dépend à hauteur de 99% de ses importations.

VD WFP vessel3 copyC’est là que le Programme Alimentaire Mondial (PAM) a décidé de construire sa nouvelle base logistique humanitaire, censée lui permettre de réduire le coût de l’acheminement de son aide. Le projet vaut son kilo de céréale : un quart des bénéficiaires de l’aide alimentaire onusienne vit dans la région.

dOF300613.pngLe projet du PAM prévoit aussi la formation de chauffeurs djiboutiens. Paradoxalement, ces derniers sont absents du secteur des transports, aux mains des seuls Ethiopiens sur le corridor Djibouti-Addis. La principale raison de ce désamour des sociétés de transports vis-à-vis des jeunes de Djibouti ne s’avoue que hors micro : ici, la trop grande consommation de khât, cette plante aux vertus excitantes, les disqualifie d’entrée.

Mon (petit) reportage dans Ouest-France de dimanche dernier.