Un train chinois pour booster l’économie éthiopienne

Le Temps – octobre 2016

Une page se tourne en Ethiopie. Un monde bascule, en fait.

Ce matin, un nouveau train a quitté Addis-Abeba. La voie ferrée est chinoise, les engins sont chinois et les cheminots seront aussi majoritairement chinois pendant au moins les cinq prochaines années.

Ethiopie, Septembre 2016 - Un employé de l'entreprise chinoise

Ethiopie, Septembre 2016 – Un employé de l’entreprise chinoise (CCECC) qui gèrera le train entre Addis-Abeba et Djbouti pendant cinq ans. L’Ethiopie veut construire 5000 km de rails.

J’ai vu cette nouvelle ligne se construire. J’ai même passé pas mal de temps à l’arpenter il y a quelques années pour un récit paru dans la Revue XXI. Il était déjà question de booster une économie vaillante, d’un formidable outil supplémentaire pour arracher le pays à la pauvreté. Cela y suffira-t-il ?

Entre temps, l’Ethiopie a connu l’une des pires sécheresses des trente dernières années et, depuis un an, le plus vaste mouvement de défiance envers les autorités sur un quart de siècle. La belle histoire déraille.

Tout ça et quelques questions en plus dans mon article pour Le Temps.

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Valse diplomatique au-dessus d’un barrage géant

Le Temps – Avril 2014

Depuis le premier coup de pelleteuse, il y a trois ans, la construction du Barrage de la Grande renaissance Ethiopienne sur le Nil Bleu n’en finit pas de crisper les relations entre Addis-Abeba et le Caire. Et pour cause, l’Egypte, en aval du fleuve, ne peut faire sans ces précieuses eaux dont l’usage leur a été accordé par de vieux traités signés avec l’ancien colon britannique. Jusqu’à ce que l’Ethiopie réclame son droit de jouir, elle aussi, de ce fleuve dont la source se trouve sur son territoire.

Un rapport commandité par les trois Etats riverains du Nil Bleu – Ethiopie, Soudan, Egypte – vient d’être dévoilé. Technique, le document souligne des insuffisances, ne remet pas en question l’ouvrage. Une nouvelle page s’ouvre-t-elle dans les relations entre l’Egypte et l’Ethiopie ?

LeTemps.ch | Barrage géant de la discorde sur le Nil BleuLeTemps.ch | Barrage géant de la discorde sur le Nil Bleu

Le teff, la petite graine qui monte

pxLe Temps – Avril 2014

Le Teff, quasi inconnue hors d’Ethiopie, vaut de l’or ici. Cultivée aussi loin qu’une mémoire d’homme puisse s’en souvenir, cette céréale aime l’altitude et s’accommode autant des sécheresses que des trop-pleins de pluie. Mieux, ses graines minuscules concentrent des qualités nutritives exceptionnelles et sont dépourvues de gluten. De quoi séduire, au Nord, et commencer à doucement garnir les rayons des magazins bios.

Installé en Suisse depuis plus d’une décennie, le biologiste Zerihun Tadele crée, dans son laboratoire Bernois, de nouvelles variétés. Celles que les paysans éthiopiens cultiveront bientôt, sans craindre les vents des hauts-plateaux qui couchent et gâchent leurs récoltent. Reportage.

LeTemps.ch | Le teff, la petite graine qui monteLeTemps.ch | Le teff, la petite graine qui monte

 

 

Le planning familial mené tambour battant

Le Temps – Mars 2014

C’est l’une des réussites éthiopiennes : le programme de déploiement sanitaire (traduction personnelle et perfectible de Health extension programme).

Ethiopie - Une infirmière pose un implant contraceptif sous-cutL’approche s’apparente à une opération militaire, s’appuie sur le déploiement de 38.000 agents de santé dans les campagnes les plus reculées ainsi que sur l’enrôlement de « familles modèles », regroupées au sein de l’armée du développement de la santé (Health development army) et chargées d’inspirer leurs semblables en matière de bonnes pratiques sanitaires.

Sur le champ de bataille, le planning familial remporte des victoires. On assiste ainsi à une diminution du nombre d’enfants par femme – avec un succès mitigé dans les zones à population nomades – du nombre de décès maternels et infantiles, etc… L’usage de contraceptifs est passé du néant à près de 30% en vingt ans.

En la matière, les plus récalcitrants, sans surprise, sont les hommes. LeTemps.ch | Le planning familial mené tambour battantLeTemps.ch | Le planning familial mené tambour battant

En bonus, le paragraphe en fin de texte, qui a sauté à la mise en page :

Retour à Chancho. Dans un café où grésille une vieille télévision, Tesfaye Sime, détaché par le « woreda » pour vanter la réussite de la politique gouvernementale, ne cesse de parler. De la réticence des hommes à toutes formes de contraception, de la puissante résistance des leaders religieux, de ces enfants en trop, que l’on loue à de plus riches que soi pour garder le bétail ou faire les foins. Et des femmes, nombreuses, fatiguées des grossesses répétées, de la mort de leurs nourrissons ou de celle, à l’accouchement, de leurs semblables. « Ca a toujours été comme cela, alors il a fallu montrer que cela pouvait être évité, que l’argent non dépensé pour le septième enfant pouvait l’être pour nourrir les autres, les habiller, les soigner. Au début, on s’était fixé comme objectif de descendre à six enfants par femme. » Aujourd’hui, la région Omoria, où se situe Chancho, enregistre un taux de fertilité de 5,6. La moyenne nationale est de 4,8, contre 7,7 en 1990. L’objectif est de descendre à quatre enfants par foyer d’ici 2015. « Pour y arriver, il faut un profond engagement politique. On l’a », assure Marta Minoyelet, de son ministère. « Le futur est prometteur. »

Union Africaine. En quête d’indépendance financière (Le Temps / Mai 2013)

Triste constat. En mai dernier, l’Union Africaine célébrait le cinquantenaire de sa création en faisant face à un terrible problème d’indépendance… financière cette fois. De quoi rendre bien mal à propos le thème des célébrations : « Pan-africanisme et renaissance africaine ».

LeTemps.ch | En quête d’indépendance financièreLeTemps.ch | En quête d’indépendance financière