Le climat de violences en Ethiopie fait douter les investisseurs

Le Monde Afrique – septembre 2016

Le refrain est connu : au sud, il y a la Somalie et les milices islamistes Al-Shebabs, à l’ouest le Soudan du Sud où plus personne ne semble avoir le contrôle des hommes en arme, au nord l’Erythrée avec qui l’Ethiopie est en guerre larvée. Et puis, au centre de ce foutoir, Addis-Abeba qui maintient une croissance économique au-dessus de la moyenne continentale, qui dépense l’aide humanitaire correctement et qui reste, au prix d’une surveillance aigüe de la société, exempt de conflit armé majeur. Cette stabilité, l’Ethiopie en a fait un argument pour s’assurer le soutien de l’occident et attirer les investisseurs.

Pas sûr que ça marche encore longtemps.

Depuis près d’un an, le pays tremble. Le pouvoir central fait face à d’innombrables manifestations dans la vaste région Oromia, ainsi que le coeur de l’ex-empire abyssin, la région Amhara. Fin août, des fermes horticoles étrangères ont été visées par les manifestants. Le groupe néerlandais Esmeralda l’a annoncé, après que ses installations – 10 millions d’euros d’investissement – soient « parties en fumée » : il se retire d’Ethiopie.

Et si l’entreprise était suivie d’autres ? On n’en est pas là, mais les investisseurs doutent. Mon article pour Le Monde Afrique.

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L’iconoclaste d’Afrique

Revue XXI – été 2016

XXI UNE

 

La première fois que j’ai entendu Ali Mufuruki parler, il donnait une conférence au cours de laquelle il a achevé le héros africain Kwame Nkrumah et réduit en bouillie le panafricanisme – une figure et un rêve intouchables sur le continent. Encore moins face à huit chefs d’Etats africains, actuels ou anciens.

XXI p2Six mois plus tôt, apprendrai-je plus tard, il avait dépecé le récit de « l’Afrique émergente » qui réjouit le continent depuis un paquet d’années. Plutôt surprenant pour un homme d’affaires.

Il m’a fallu plusieurs semaines pour le convaincre de me laisser le suivre chez lui, en Tanzanie, dans son bureau de Dar es Salaam et son village d’enfance Bwanshoni. Le résultat – son portrait – est publié dans le numéro d’été de la revue XXI.

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Il n’existe pas de lien vers l’article et je ne mets pas de pdf en ligne, délibérément. Pour se procurer la revue, il faut se rendre dans une (bonne) librairie ou la commander sur le site http://www.revue21.fr/

 

Si vous avez besoin d’une vraie bonne raison pour acheter ce numéro, sachez qu’il y a une BD de Joe Sacco dedans. Eh ouais.

 

Mes photos pour La Croix

La Croix – avril 2016

Une fois n’est pas coutume, on m’a demandé d’illustrer avec mes photos le reportage d’un confrère de passage à Addis-Abeba. Alors voici mes clichés de jeunes entrepreneurs éthiopiens pour ce papier titré « Voyage dans les incubateurs d’Addis-Abeba ». A lire ici.

LC photos - startups-1

LC photos - éco-2

 

Et puis, celui-ci, consacré plus largement à l’économie du géant de la Corne de l’Afrique (avec lequel je ne suis pas entièrement d’accord). A lire ici.

En Ethiopie, la croissance se heurte à des manifestations inédites

Médiapart – février 2016

Ce fut, de loin, l’un des papiers les plus difficiles à écrire. Parce qu’il s’agit d’un sujet sensible. Parce qu’il est question, surtout, d’un problème ancien, complexe et… qui n’intéresse pas grand monde au-delà des frontières du pays.

VD Addis Chantier3

Addis-Abeba, 2013 – Depuis plusieurs années, la capitale éthiopienne est en chantier et en pleine expansion. Vincent Defait

Mais ce que révèle, à mon sens, ces manifestations dans la région Oromia vaut qu’on s’y intéresse. La belle histoire du succès économique éthiopien se fissure un peu avec ces manifestations dont je pensais, à tort, qu’elles s’essouffleraient une fois le projet d’extension de la capitale Addis-Abeba officiellement remisée au placard.

Ma tentative d’explications sur Médiapart (pour les abonnés). Si le sujet vous intéresse, faîtes-le moi savoir et je vous enverrai un pdf.

En Ethiopie, des élections sans bruit

Mediapart – mai 2015 Mai 2015 - Des partisans du parti au pouvoir, l'EPRDF, dans le s Le deuxième pays le plus peuplé d’Afrique s’apprête à réélire le même parti au pouvoir depuis 1991, Le Front démocratique révolutionnaire des peuples éthiopiens (EPRDF).

Côté face, l’EPRDF est auréolé d’une croissance à 10% sur la dernière décennie et d’une stabilité rare dans la Corne de l’Afrique.

Côté pile, le régime concentre les critiques des défenseurs des droits de l’homme et des libertés publiques.

La campagne a donné le ton. Peu de meetings politiques, de petites affiches de partis d’opposition pour rivaliser avec les posters géants de l’EPRDF, de rarissimes tentatives publiques de rallier les votes au bout d’une sono ambulante… Des débats télévisés sur la chaîne nationale, tout de même, pris en sandwich par des vidéos vantant le bilan des autorités. Et en fond, le silence des partenaires occidentaux de l’Ethiopie. Hors micro, plusieurs sources confirment pourtant que rarement une élection aura été aussi tendue que celle-ci. La première depuis le décès en 2012 du premier ministre Meles Zenawi, qui fut pendant 21 ans l’incarnation d’une Ethiopie décidée à corner son image de pays pauvre.

Mon reportage paru dans Médiapart.