Ethiopie : un marathonien devient icône politique

Médiapart – août 2016

 

Bon, le titre manque sans doute un peu de nuance, mais on n’est pas loin de la vérité.

Le plus difficile, en fait, fut d’expliquer ce que ce coureur plus habitué à courir qu’à discourir a bien voulu exprimer en franchissant la ligne d’arrivée de l’épreuve de marathon aux Jo de Rio, les bras croisés au-dessus de la tête.

VD Election kebele
Addis-Abeba, mai 2015. Un bureau de vote dans la capitale éthiopienne. La coalition au pouvoir depuis 1991 détient depuis 100% des sièges au parlement.

La crise, labellisée #OromoProtests, #AmharaProtests, voire #EthiopiaProtests, sur les réseaux sociaux, se résume difficilement en peu de mots. Terres prises aux mains des paysans, ratés du fédéralisme ethnique, corruption, accaparement de richesses, violente répression… Au fil des mois et des discussions que j’ai eues avec des paysans, des étudiants, des fonctionnaires ou des chercheurs, j’ai entendu bien des choses.

Une certitude : le pays vit des moments cruciaux. Sans plus d’espace pour que s’expriment les griefs, la société éthiopienne risque de se polariser encore plus.

Ma tentative d’explication, pour les abonnés de Médiapart..

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Ethiopie contre Erythrée, l’interminable querelle de deux frères ennemis

Médiapart – juin 2016

Qui a tiré en premier ? La question n’a plus guère d’importance tant les deux camps se sont, depuis la signature d’un accord de cessation des hostilités en 2000, accrochés, armes à la main, le long de leur frontière commune.

Dimanche 12 juin, l’affrontement semble avoir été massif. Impossible, pour l’heure, d’en connaître les raisons exactes ni le nombre de victimes de part et d’autre. Une certitude : il serait temps qu’Asmara et Addis-Abeba s’entendent enfin sur le tracé de la frontière.

Le différend entre l’Ethiopie et l’Erythrée est ancien, complexe et déterminant pour la Corne de l’Afrique, déjà agitée par de trop nombreux conflits. Que faire ?

Mon analyse pour Médiapart (en accès payant).

De l’Ethiopie à la Zambie, le parcours contrarié de jeunes migrants qui rêvaient d’Afrique du Sud

Le Monde Afrique – juin 2016

J’ai rencontré ces adolescents dans le centre de transit géré par l’Office international des migrations (OIM) et l’UNICEF, à Addis-Abeba. Ils venaient d’être rapatriés de Zambie où ils ont été arrêtés pour être entrés dans le pays sans visa. Au rez-de-chaussée, un petit groupe regardait la télévision. Dans les étages, les autres passent le temps sur leurs lits superposés ou dans la petite cours.

Ils ont des allures de gamins et pourtant ils ont traversé trois pays clandestinement, à l’arrière d’une moto ou caché dans un bus, à pied parfois. Ils ont dormi dans des forêts, ont été entassé dans des dortoirs poisseux. Ils auraient continué, s’ils n’avaient pas été arrêtés à 1500 km de leur but : l’Afrique du Sud.

Pas l’Europe, l’Afrique du Sud.

Addis-Abeba, Juin 2016 - A 15 ans, Salamo a été rapatrié de Z

Addis-Abeba, Juin 2016 – A 15 ans, Salamo voulait se rendre en Afrique du Sud. Il a été arrêté en Zambie, puis rapatrié. Dans le centre de transit de la capitale éthiopienne, il attend que l’IOM et UNICEF le remette en contact avec sa famille. Vincent Defait

Ces jeunes migrants, tous mineurs, n’ont jamais envisagé d’aller vers le Nord. Le bonheur, ils se l’imaginaient au Sud. Les routes migratoires africaines sinuent sur le continent, en débordent rarement, contrairement à bien des idées reçues en Europe.

C’est triste à dire, mais leurs histoires sont presque banales.

Mon reportage pour Le Monde Afrique.

Mes photos pour La Croix

La Croix – avril 2016

Une fois n’est pas coutume, on m’a demandé d’illustrer avec mes photos le reportage d’un confrère de passage à Addis-Abeba. Alors voici mes clichés de jeunes entrepreneurs éthiopiens pour ce papier titré « Voyage dans les incubateurs d’Addis-Abeba ». A lire ici.

LC photos - startups-1

LC photos - éco-2

 

Et puis, celui-ci, consacré plus largement à l’économie du géant de la Corne de l’Afrique (avec lequel je ne suis pas entièrement d’accord). A lire ici.

En Ethiopie, deux jours de deuil national après le massacre de 208 personnes

Le Monde Afrique – avril 2016

Forcément, très vite, on a pensé au slogan « Bring back our girls » nigérian. Les réseaux sociaux éthiopiens, en tout cas, ont frémi dès l’annonce de l’enlèvement d’une centaine d’enfants et le massacre de 208 personnes, près de la frontière avec le Soudan du Sud.

VD Likuangole

Dans l’Etat de Jonglei, au Soudan du Sud – Février 2012. Cette femme vient de passer plusieurs jours à se cacher dans la brousse, après un raid meurtrier de Nuer sur les Murle. Vincent Defait

Les assaillants seraient des Sud-Soudanais de l’ethnie Murle, habitués des raids sur le bétail contre les Nuers, principales victimes de cette tuerie. Rien de nouveau, hélas, si ce n’est le nombre de morts.

Pourquoi ces raids meurtriers ? Quels sont les risques pour la région ? Ma tentative de réponse pour Le Monde Afrique

En Ethiopie, la croissance se heurte à des manifestations inédites

Médiapart – février 2016

Ce fut, de loin, l’un des papiers les plus difficiles à écrire. Parce qu’il s’agit d’un sujet sensible. Parce qu’il est question, surtout, d’un problème ancien, complexe et… qui n’intéresse pas grand monde au-delà des frontières du pays.

VD Addis Chantier3

Addis-Abeba, 2013 – Depuis plusieurs années, la capitale éthiopienne est en chantier et en pleine expansion. Vincent Defait

Mais ce que révèle, à mon sens, ces manifestations dans la région Oromia vaut qu’on s’y intéresse. La belle histoire du succès économique éthiopien se fissure un peu avec ces manifestations dont je pensais, à tort, qu’elles s’essouffleraient une fois le projet d’extension de la capitale Addis-Abeba officiellement remisée au placard.

Ma tentative d’explications sur Médiapart (pour les abonnés). Si le sujet vous intéresse, faîtes-le moi savoir et je vous enverrai un pdf.

Ca plane pour Ethiopian Airlines

Le Monde Afrique – novembre 2015

VD Ethio Airlines ChineseEthiopian Airlines, c’est la success story éthiopienne. La vitrine du pays à l’étranger, en fait.

Depuis quelques années, l’entreprise ne cesse de croître, d’investir et d’ajouter de nouvelles destinations à une liste déjà longue. Et puisque le ciel africain a des difficultés à s’ouvrir aux compagnies africaines, Ethiopian Airlines se tourne vers l’Est. Vers la Chine, en particulier.

Mon article est ici.

Pour placer cette réussite dans un contexte continental, je vous recommande de lire l’article de ma consoeur Morgane Le Cam sur la conquête du ciel africain.